Test :
School Urban Legends
Par Ashala

Temps joué : 10 h


Introduction

School Urban Legends est l'un des jeux dont j'ai parlé lorsqu'on m'a demandé si j'avais quelques préférences quant aux jeux à tester.

Pour cause, j'aime les jeux d'horreur et d'ambiance morbide, la mélancolie, le malaise, et je pourrai continuer des heures. J'ai été élevée à coup des premiers Silent Hill et Resident Evil, avant de découvrir d'autres titres moins connus mais non pas moins intéressants. Pourtant, je n'adule pas systématiquement tous les jeux d'horreur.
Je suis le profil type du publique exigeant en la matière qui a autant adoré Amnesia qu'elle a moins apprécié Outlast car "on court tout le temps et ça m'ennuie" malgré les excellents points de ce jeu et les (plus ou moins gros ?) défauts du premier.

Je vous parle de cela puisque j'ai lu que l'auteur désire avant tout faire peur à son public.
Me connaissant, et sachant que je différencie la surprise du frisson, c'est assez dur.

Je ne sais pas si le pari est réussi pour quelqu'un de moins psychopathique habitué.
Comme de coutume je vais tâcher d'être objective, mais, le ressenti de la peur étant purement subjectif, vous comprendrez que c'est plutôt coton.

Allez, entrons dans le vif du sujet !




Awards généraux

Gameplay (Note : 2,75/5)

Le jeu s'inspire fortement des autres titres fait sous RPG maker du même genre. Il s'agit d'une succession d’énigmes entrecoupées de rencontres paranormales ou de flash d'images apparaissant à des moments plus ou moins opportuns pour nous surprendre. Le gameplay est donc plutôt basique mais étoffé par l'ingéniosité dont a fait preuve l'auteur pour concevoir des problèmes qui ont mis à mal mes méninges.
Hélas, si la façon de les obtenir est variée, la plupart des énigmes consistent à trouver un code. Je me suis retrouvée à parsemer mon fichier de notes de symboles étranges, de comptages, de théories saugrenues pour finalement devoir à deux reprises quémander l'aide de l'auteur.

En un sens, cela signifie que les énigmes sont assez tordues pour être compliquées, non ? Euhm, bien, oui. Cela dit certains documents et indices ne sont pas clairs, et plus à cause de leur finition graphique que d'une volonté de confondre le joueur, à mon avis. Par exemple, il m'est arrivé de me demander si tel ou tel symbole était bien, ou non, barré. L'auteur a oublié de ci de là quelques détails qui auraient vraiment aidé le joueur, par exemple le numéro des salles au delà du premier étage.

A noter que si l'auteur a eu d'excellentes idées et a réussi avec brio à adapter le design de certaines énigmes connues au format RPG maker, elles souffrent de temps à autre d'une programmation erratique qui force à devoir déclencher certaines choses avant d'autres sans qu'il n'y ait forcément de logique ou d'indication préalable.
Souvent, je me suis retrouvée à adorer l'idée globale d'une énigme, mais à déchanter fortement lors de son exécution.
Quelques passages souffrent d'un bug bloquant qui m'a obligé à retourner à une sauvegarde précédente, ce qui n'est jamais très agréable.

Secret (Cliquer pour afficher)
Dans la bibliothèque, si nous ne déplaçons pas le fauteuil avant que le livre ne tombe, même après avoir été ramassé ce dernier empêche le fauteuil d'être poussé... Même en sortant et retournant dans la salle par la suite


Du coup, si on associe le fait de devoir considérer qu'il y a un probable bug avec la nécessité de déclencher des actions avant d'autres sans indication... On pourrait en devenir un peu bug-parano.
Quelques passages nécessitent d'aller vite, de se cacher, de batailler sur un lit de téléporteurs invisibles et de presser action un peu partout, puisqu'un même objet ne sera pas forcément interactif au moment X ou Y.

Le bilan est mitigé et on ne peut pas occulter les différents soucis rencontrés au fil du test, malgré les passages ingénieux et débordants d'inventivité.

Histoire (Note : 1,75/5)

Tomoya et Yasmine, lycéens membres d'un club surnaturel décident d'aller investir une école en ruine qui serait, soi-disant, le théâtre de la plupart des légendes urbaines... Prétexte pour étaler bon nombre de creepypastas, de contes traditionnels japonais, et d'insanités vidéoludiques.

Alors, je pars du principe que l'effet "collection" est assumé et voulu. La narration tombe bien vite dans certaine répétition : Yasmine nous parle d'une histoire effrayante et survient une illustration ou un évènement en rapport. Écueil qui aurait pu être évité, et qui m'a semblé lassant. Toutefois, la répétition est un choix scénaristique valable.

Néanmoins, même selon les clichés nippons, je trouve la personnalité et la réaction des personnages saugrenue. Yasmine a réaction purement tsundere à un certain moment, mais a tendance à encourager Tomoya à trouver des ennuis potentiellement mortels et à s'inquiéter énormément pour lui malgré tout. Tomoya est effrayé, mais pas assez pour vraiment lui tenir tête lorsqu'elle l'envoie en première ligne ni... pour essayer juste, de paraître aussi réticent que ses frissons le laisserait penser.

Pour moi, ce sont deux enfants qui jouent et ne réalisent pas du tout qu'ils peuvent se mettre en danger. Presque pas un seul instant.

Le but du jeu est de sortir de cette école, quand bien même les protagonistes n'ont pas l'air très motivés et nous ne ressentons pas vraiment "d'urgence".

Mon expérience de jeu s'est divisée en deux parties distinctes. L'une très fouillis ou je trouvais apparition sur apparition, et tout s'étant enchaîné d'un coup, le reste était une succession de "je cherche la solution" avant de débloquer un moment guidé par les clés obtenues. A partir de là, le jeu inclut littéralement des fan-phases d'autres jeux RPG maker et... s'éparpille.

L'histoire devient d'autant plus décousue, les portes sont ouvertes puis fermées au bon vouloir de la progression et même si on pourrait ressentir là une envie de perdre les repères du joueur et de l'immerger d'autant plus dans un cauchemar... J'aurai plutôt tendance à y trouver un rêve empli de fanservice.

Une foultitude de références est disséminée au travers du jeu, sur les affiches, les tableaux noirs... Mais, l'histoire de base se perd au profil de tout cela et n'est, à mon sens, pas étoffée.
Je pense qu’agrémenter le tout de quelques liens logiques aurait permis de rendre l'expérience d'autant plus fluide en sa progression et agréable en son exploration.



Ambiance et immersion (Note : 2,25/5)

Le jeu arrive à distiller une certaine atmosphère, à son début... même si la séquence du télescope est un préambule assez évocateur de ce qui va lentement l'amoindrir : Truffé de bonnes idées qui sont truandées par leur réalisation (comme une scène d'intro qui comporte beaucoup trop d'images fixes... qui restent fixes trop longtemps), et qui vont nous éloigner au lieu de nous immerger davantage.

Si le début est presque trop généreux en jumpscares et rencontres fortuites, si les musiques sont de qualité, si le mapping se tient, l'ambiance fan-collection et la complexité et fréquence des énigmes mettent cela à mal.
Pour un jeu qui voulait faire peur, j'étais bien trop éloignée des affects de mon personnage pour vraiment m'inquiéter de ce qui pouvait lui arriver. D'ailleurs, les mécaniques nous donnent une impression de "safe-jumpscare". J'entends par là qu'on se dit, dès la première heure "Alors là, il y aura une image et c'est tout". Si quelques moments nous permettent d'obtenir un Game Over et détrompent cette impression... Ils sont malheureusement trop rares.
La faute revient, à mon avis sur un soucis d'équilibrage entre énigmes et exploration.

Ce qui est triste est que l'auteur a vraiment redoublé d'ingéniosité pour revigorer la mise en scène : changement de perspective, passages à temps limité, chasse momentanée... Mais décidément, non, ce qui me revient en premier en tête lorsque je repense au jeu sont ces longs moments de réflexion sur papier plus que le reste.

Aussi, il est bien trop aisé de se rendre compte qu'une zone sera devenue "safe" de jumpscares et d'events.

Graphismes (Note : 1,75/5)

Le gros point noir du jeu, pour ma part.
Le mapping est globalement bon, et comme il s'agit d'un jeu d'horreur on lui pardonnera volontiers les incohérences classiques qui sont là pour mettre la puce à l'oreille lors de l'exploration. Des éléments invisibles et des moitiés d'éléments viendront ternir le tableau, mais, le problème ne réside pas dans les phases les plus classiques.

Certains pourront trouver ce jugement abusif, étant donné que les éléments que je vais pointer du doigt pourraient leur sembler moins importants. Hélas, ils sont assez souvent devant nos yeux.
Commençons par un point flagrant : l’hétérogénéité graphique.

Le jeu utilise des tilesets différents pour faire référence à des jeux RM, ce qui n'est pas un soucis et qui peut être compréhensible. Le soucis réside au sein des nombreuses images photographiques venant parfois se superposer à l'écran 2D. Ajoutons les charsets provenant de différents supports pour les légendes urbaines rencontrées... Et évoquons ce qui m'a fait le plus mal au coeur-esthétique : l’agrandissement énorme de certaines ressources qui en deviennent super-pixellisées et l'association de ces dites ressources aux photographies de toute à l'heure.
Ouch.

Alors, oui, grapher prend du temps et dans le domaine RM, les graphistes se font rares... Mais, non, je ne peux pas trouver cela cohérent et agréable esthétiquement.
Pourtant, l'auteur a inclut des icônes d'objets dessinés, il aurait donc pu retravailler un petit peu ses ressources.

Il y a une foultitudes de détails que j'ai envie d'évoquer... Pour n'en citer qu'un, les écritures encore lisibles au sein de l'image d'un carnet censé être vierge, les symboles "presque barrés mais peut-être pas" sur un poster médical qui se voulait être un indice... Pas pour tirer sur l'ambulance, mais pour mettre l'accent sur le fait qu'un effet de lumière tronqué sur l'écran titre, ça se voit, beaucoup.

Et à côté de ça pourtant il y a l'inclusion d'ombres dynamiques réagissant aux sources de lumières, les images des deux personnages principaux plutôt jolies, quelques pictures mieux utilisées...

Dommage que le tout soit trop "fouillis".




Bande-son (Note : 3/5)

Le jeu emprunte les musiques et effets de ses modèles et inspirations : Ib, Yume Nikki, Corpse Party, Ao-Oni, on y retrouve même une reprise de Silent Hill 2. Les autres, je n'ai pas trouvé. Ajoutons à cela une chanson vocaloid bien connue : "Kagome, Kagome" et nous avons le ton sonore du jeu.

L'ambiance horroro-nippone colle parfaitement aux inspirations mangas du titre, mais on sent "un peu trop" que l'auteur a voulu nous faire profiter des morceaux choisis. Je m'explique.
L'introduction et une séquence que je ne spoilerai pas sont longues, très longues, afin que nous puissions écouter la chanson en entier. Chanson que nous ne pouvons pas passer en cours de route, fâcheux lorsque nous avions déjà assisté à la totalité de la scène.

Jadis certaines animations étaient faites pour parfaitement coller à la musique et non l'inverse (Les Silly Symphonies par exemple), mais là c'est un peu gros lorsque les animations sont... plus que minimes.

Les personnages principaux disposent de quelques exclamations qui viennent ponctuer leurs textes.
Je n'ai pas forcément grand-chose à dire sur la plupart des effets sonores. Il y en a quelques uns d'appréciables.
A noter qu'il arrive qu'après ce que j'appellerai certains "events musicaux", il n'y ait plus de musique du tout une fois la pièce concernée quittée.


Awards spécifiques

Level-design (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Systèmes (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Narration et Mise en scène (Note : 3,25/5)

Expulsons tout d'abord les points négatifs :

> La narration souffre de la routine déjà évoquée dans la rubrique Histoire, à savoir les légendes urbaines seront toujours présentées de la même façon, sans trop de surprise.
> Comme nous l'avons déjà dit, nombre de facilités sont utilisées, à savoir les portes qui s'ouvrent et se ferment aux moments opportuns et les objets qui d'un coup captent l'attention de notre héros
> Les fautes d'orthographe et de grammaire vont crescendo avec l'arrivée de la fin du jeu, ce qui nuit à la narration même.


Et maintenant, concentrons nous sur ce qu'il vaut mieux retenir :

> Le jeu dispose d'une introduction qui, si elle n'est pas parfaite, reflète bien l'esprit manga et l'inspiration de l'auteur
> Si leur esthétique est discutable, de nombreuses scènes sont présentes afin de ponctuer l'action, allant de passages zoomés ou réfléchit, à plusieurs récits imagés.
> L'ambiance sonore ponctue le tout et fait son travail lorsqu'il s'agit de ponctuer l'apparition d'un jumpscare.
> Les ombres dynamiques apportent un plus intéressant au sein des environnements.
> L'auteur a prit soin d'inclure des animations supplémentaires (port de seau d'eau, par exemple).


Je vais éviter de trop me répéter et de pénaliser encore une fois le jeu sur ce qui fut évoqué plus haut. L'implication et le travail de l'auteur sont palpables et plus qu'honorables malgré les soucis rencontrés.

Univers (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Personnages (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Introduction (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Graphismes originaux (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Musiques originales (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)




Conclusion (Note totale : 2,25/5)

L'auteur affichait une durée moyenne d'environ 2h, mais j'ai sensiblement mis plus de temps pour terminer ce jeu.
Je ne suis pas forcément quelqu'un de très adroit pour résoudre des énigmes et pour dire vrai, les codes sont trèèèès loin d'être mon type d'énigmes préféré.

Est-ce que j'ai aimé ce jeu ?
Par soucis d'honnêteté, pas vraiment.

Même si cela fait plaisir de progresser au sein du titre, mon expérience a été laborieuse et même si cela fait plaisir de voir des références aux creepypasta, créatures surnaturelles et autres jeux RM, j'ai eu l'impression de me retrouver devant un catalogue. Alors, c'était intentionnel, mais avec moi, ça ne prend pas trop, certaines utilisations m'ont même un peu gênées.

Je vois que l'auteur a beaucoup investi de sa personne et de son temps dans le jeu, je peux saluer ses retranscriptions d’énigmes, mais, pour -moi- ça n'a pas pris.

Je pense que d'autres pourraient être contents de retrouver des références connues et le jeu est intéressant à lancer ne serait-ce que pour voir comment l'auteur a réalisé ses énigmes sous RM.

Si vous n'êtes pas gênés par les détails et défauts que j'ai relevés, et si vous êtes patient (ou tout simplement plus doué que moi pour résoudre des énigmes), vous sauriez peut-être, mieux que moi, l'apprécier à sa juste valeur ?
Qui sait.


Remarques diverses

> Vous aurez besoin d'installer les RTP d'RM XP pour faire fonctionner le jeu

Quelle note donneriez-vous à ce test ?

Ce test est-il bien rédigé, compréhensible, complet, respectueux ?

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