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Test :
De Profundis
De Profundis
Par bradgeone
Temps joué : 7 h
Introduction
Cornemuse, Lepanthe, voilà qui me rappelle pas mal de souvenirs.Lepanthe a participé, tout comme moi, aux tout premiers Alex d'Or avec son premier jeu : Another Destiny. Jeu dont je me souviens encore et que j'avais bien aimé. C'est donc un vieux de la veille, un dinosaure du making et un précurseur.
Cornemuse a fait (ou participé à) tout un tas de jeux cultes également. The Borderline avec le mythique El Diablo, des ADA, des Rutipa's Quest et j'en passe, et des meilleurs...
Ce n'est d'ailleurs pas la première collaboration de nos deux zigotos puisqu'ils ont participé tous les deux à Rutipa's Quest 8, nommé Orange Salvifique (qui a gagné pas mal de récompenses). Je ne crois pas connaître Meunio et Héloïse, sauf s'ils s'appelaient différemment à l'époque, mais s'ils se retrouvent dans l'équipe, il doit y avoir du talent.
Bref, tout ça ne parlera pas aux moins de 20 ans, mais pour quelqu'un comme moi, ça augure du lourd.
Commençons sans plus tarder le test.
Awards généraux et spécifiques
Meilleur Scénario (Note : 9/10)
On entre directement dans le cœur du sujet, puisque De Profundis tient plus du livre que du jeu vidéo. Le scénario est bien évidemment le point central du jeu. On peut même dire que tout repose là-dessus, ou presque.Le jeu commence d'une façon très particulière, puisque nous commençons dans le noir le plus total. En effet, suite à une explosion dans un centre commercial, Daniel, le personnage principal, se retrouve dans un endroit inconnu sans la moindre trace de lumière. Il va rencontrer très rapidement une femme, Thémis, puis un ensemble de personnages : Lionel, Jean-Jacques, Haruka, Noémie et Marine. Le jeu est alors quasiment un huis clos complètement dans le noir, avec 7 personnes ayant toutes une personnalité très différente.
Bien évidemment, ce synopsis fait un peu penser à la fameuse pièce de théâtre Huis clos de Sartre, le fameux « L'enfer, c'est les autres », d'autant plus que le jeu est décomposé en actes comme une pièce de théâtre. On ne peut s'empêcher de penser dès le début du jeu au coup du : ils sont tous morts et sont en enfer. J'ai espéré au début du jeu que ce ne soit pas le twist final de cette histoire, car la ficelle était vraiment grosse, mais on se rend vite compte que même le personnage principal, Daniel, se pose très vite la question lui aussi, détruisant par là même la possibilité du twist. Et c'est un point judicieux du scénario : Daniel semble aussi paumé que le joueur, et se pose les mêmes questions. À chaque fois qu'on a une piste, on se rend compte que Daniel l'a aussi. Le jeu nous amène ainsi de fausse piste en fausse piste, jusqu'à la première fin du jeu. Fin à laquelle on ne comprend strictement rien d'ailleurs : les événements s'enchaînent sans que ni Daniel ni le joueur ne comprennent quoi que ce soit.
Il faut alors recommencer le jeu et essayer d'autres embranchements, essayer de se rapprocher d'autres personnages, pour commencer à y voir plus clair. Daniel peint en effet un tableau de chaque personnage quand celui-ci commence à nous livrer son histoire. On comprend alors le lien entre les personnages et la logique de l'histoire devient plus claire. Comme on s'en doute, tous ces personnages ne sont pas là par hasard. Certains sont plus sombres qu'il n'y paraît.
Chaque « run » devient alors une pièce du puzzle qui, bout à bout, permet de débloquer l'acte final, permettant de comprendre un peu plus l'histoire, mais tout n'est pas clair pour autant, et plusieurs interprétations existent.
Que dire du scénario et des personnages ?
Personnellement, j'ai trouvé l'ambiance du jeu très convaincante, on se met très facilement à la place de Daniel. Celui-ci est mou du genou et se laisse un peu porter par les événements, ce qui est contraire au héros classique qui agit plus qu'il ne subit. Il tient plus de l'anti-héros que du héros, pas dans le sens où il est ambigu moralement, mais dans le sens où il est docile, pas très efficace. On a un peu envie de le secouer en lui disant de se bouger, mais à sa place, est-ce qu'on réagirait vraiment différemment ? Bref, Daniel est très humain, monsieur tout-le-monde, et c'est pareil pour les autres personnages. Ils sont tous bien écrits, très différents les uns des autres, bourrés de défauts et de qualités. L'écriture est bonne, efficace, et l'angoisse du noir très bien retranscrite par le texte. En tant que lecteur/joueur, je me suis senti oppressé par cette obscurité.
Une telle écriture est extrêmement rare dans le concours des Alex d'Or, d'où la note.
Meilleure Mise en Scène (Note : n/a)
Comment noter la mise en scène dans un jeu textuel qui se passe dans le noir le plus total ? Vaste question. On est vraiment à la limite de la définition de la mise en scène, là où ça commence à rentrer dans le subjectif. Un peu comme les tableaux monochromes blancs : c'est de l'art, pas de l'art ? Ça divise beaucoup de monde.Cela dit, la mise en scène n'est pas totalement absente dans De Profundis. Il en existe bel et bien, via les musiques et les sons notamment. Mais ce n'est pas suffisant à mon sens pour mettre une note.
Gameplay (Note : 5,5/10)
J'ai hésité également à noter la partie gameplay. De Profundis se rapproche honnêtement beaucoup plus du livre que du jeu. Les interactions sont en effet très peu nombreuses, on n'est même pas dans un Telltale (The Walking Dead par exemple) ou un Quantic Dream (Detroit: Become Human).On s'aperçoit vite que les choix sont des faux choix : il faut en fait tous les faire, car chaque embranchement donne une pièce du puzzle (ou plutôt un tableau), et il est indispensable de les avoir tous pour accéder à la fin du jeu. C'est très intéressant d'un point de vue narration, mais pas vraiment d'un point de vue gameplay.
Le jeu contient quelques choix impactants à chaque boucle, par exemple suivre un groupe plutôt qu'un autre, et quelques choix mineurs comme prendre le parti d'un personnage plutôt qu'un autre lors d'une dispute. Mais au final, le jeu consiste surtout à se rapprocher de chaque personnage à chaque itération pour qu'il vous délivre son histoire. Cette histoire sera une pièce du puzzle pour comprendre l'histoire globale du jeu.
Est-ce que la faiblesse du gameplay est un problème pour le jeu ? Non, car De Profundis tient plus du livre que du jeu vidéo. Le gameplay est volontairement mis au second plan au profit de la narration.
Il faut noter que le jeu a été fait avec Ren'Py, un logiciel spécialisé dans les visual novels et donc parfaitement adapté à ce genre. Je ne connaissais pas, même si je me suis aperçu que j'avais déjà joué à des jeux l'utilisant, comme Slay the Princess.
Graphismes (Note : n/a)
C'est bien la première fois que je suis incapable de noter la partie graphismes dans un jeu. Je ne pensais même pas ça possible et pourtant, c'est bel et bien le cas.Le jeu se passe en effet dans le noir 99 % du temps, difficile de donner une note avec ça. Il y a des artworks : le personnage principal étant peintre, il réalise plusieurs tableaux des différents personnages. Ces tableaux sont vraiment bien réalisés, avec un petit effet crayonné du plus bel effet qui donne un vrai cachet au jeu. C'est très réussi, mais je ne peux pas noter sur le même plan un jeu qui contient quelques artworks et un jeu classique.
On peut quand même noter que le texte est clair et bien calibré (police, taille, etc.), ce qui est loin d'être anecdotique dans un jeu où on passe 99 % du temps à lire. Il est de plus d'une couleur différente pour chaque personnage, ce qui est une excellente idée pour s'y retrouver, puisque chaque personnage a un son et une couleur à lui.
Ambiance Sonore (Note : 8,5/10)
L'ambiance sonore est le deuxième gros point fort du jeu. Celui-ci se déroulant dans le noir, le son devient plus important que le visuel, ce qui est très rare dans un jeu (dans la littérature, il existe les livres audio).Le fait d'être dans le noir est anxiogène, et chaque petit bruit anodin provoque un sursaut, parce qu'on n'arrive pas à identifier d'où il vient. On devient alors aussi parano que le personnage principal, Daniel, quand on entend un craquement ou un bruit de pas. Et on imagine les scènes... Dès qu'il se passe un événement sonore, des tonnes de choses se passent dans notre tête, surtout lors de la première run, car on n'a strictement aucune image en tête, on n'a pas la moindre idée d'avec qui on est. C'est une autre expérience qu'on ne vit pas souvent dans un jeu. Ça m'a rappelé l'expérience au Futuroscope « Les yeux grands fermés », censée nous faire ressentir ce que vivent les aveugles. Dès les premières secondes de De Profundis, j'ai pensé à ce moment incroyable dans lequel on se retrouve à faire un parcours dans le noir le plus complet avec un groupe et un guide (lui étant vraiment aveugle), dans lequel le moindre son était important.
Mais outre les musiques bien réalisées, le gros plus de l'ambiance sonore est le fait d'avoir attribué un instrument à chaque personnage. C'est une excellente idée, même si on a déjà ça dans d'autres jeux, y compris dans les Alex d'Or (dans la série Le Tueur par exemple). Le son marque la personnalité et l'humeur du personnage et nous aide à nous le représenter mentalement plus facilement (on ne les voit que très brièvement au cours d'une run, et seuls les tableaux nous montrent vraiment à quoi ils ressemblent, mais du point de vue de Daniel).
Conclusion (Note totale : 8,25/10)
Est-ce que De Profundis est un bon jeu ? Est-ce que De Profundis est un jeu tout court ?Il est difficile, dans les Alex d'Or, de comparer des jeux aussi différents. Certains sont des puzzle games avec uniquement du gameplay et pas d'histoire, ici on est exactement à l'opposé, avec une histoire prenante mais très peu de gameplay.
Au final, je donne une note finale à un jeu sur le plaisir passé, et surtout sur ce que j'en ai retenu plusieurs semaines après y avoir joué. Et force est de constater que le jeu m'a marqué par son ambiance et son écriture. C'est le genre de jeu qui reste dans la tête pendant longtemps, et pour moi ça veut dire bonne note.
Remarques diverses
Point positif :- Une ambiance originale et maitrisée
- Une histoire intéressante
- Des personnages bien écrits
Point négatif :
- Un gameplay limité
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