Test :
Frost House 2.0
Par garsim

Temps joué : 2 h 15 min


Introduction




Awards généraux

Gameplay (Note : 3,75/5)

Du côté du game-design, c'est fort honorable ; c'est un subtil mélange d'exploration, d'esquive et de mini-jeux au sein d'un même environnement. C'est simple mais efficace. On ne s'ennuie pas, on n'a pas trop de mal à avancer, mais on n'avance pas non plus de manière trop simple.
D'ailleurs, sur ce point, le paramétrage de la difficulté est une excellente chose, qui ne présente quasiment que des avantages : dosage de la difficulté par le joueur, paramétrage sur les points forts/points faibles du joueur (par exemple, s'il n'aime pas l'esquive, il ne choisira pas d'avoir plein de fantômes... ou au contraire, il voudra se faire un petit challenge), potentiel de rejouabilité...

Côté ergonomie, l'avantage d'avoir un gameplay simple est de ne pas avoir à mémoriser une foule de commandes ou de manipulations à faire. Ici, c'est gauche-droite-haut-bas-action-escape, et c'est tout. Pas besoin de davantage.
Sur l'aspect ergonomie toujours, on notera des choix assez judicieux quant à la couleur des fantômes selon leurs capacités, avec des couleurs évoquant le "niveau de difficulté" (rouge = danger pour un fantôme qui blesse davantage, par exemple)... mais si l'on choisit un mode de difficulté plus élevé, ça fait un sacré carnaval dans lequel il devient un peu plus délicat de se souvenir à quel fantôme correspond quelle capacité.
Il y a aussi les esprits ; la plupart du temps, ils vous demanderont de relever leur défi pour vous donner ce qui vous intéresse. Et la plupart du temps, vous pouvez aussi y laisser des plumes, car ils n'hésiteront pas à vous enlever un point de vie en cas d'échec. Parmi leurs défis, on note essentiellement des défis d'esquive (rester dans la pièce le plus longtemps possible en évitant les fantômes présents), des énigmes (sur ce que vous avez vu), des défis de rapidité, ou des QTE. Si la plupart de ces défis vont bien dans le jeu, les QTE, en revanche, déçoivent un peu, car ils sont assez banals, un peu trop nombreux (pas tant que ça, mais pour ce que c'est, une ou deux apparitions auraient pu suffire) et d'une maniabilité douteuse (parfois, on ne nous valide pas l'appui de la touche pour une raison un peu obscure).

En revanche, du côté des menus, je vais chipoter un peu. Il s'insère bien dans l'écran, on est d'accord ; en revanche, il apporte peut-être un peu trop d'informations, et pas forcément au moment le plus adéquat.
Entre autres, je suis d'accord pour qu'on laisse la vie de Naomi en permanence, mais c'est le seul aspect qui "mérite" d'être affiché continuellement. Le journal, à la rigueur, pourquoi pas, vu que c'est le principal item du jeu et qu'il revient souvent sur le devant de la scène (d'ailleurs, pour chipoter, il pourrait n'être affiché qu'à partir du moment où on le trouve). Mais la lanterne, pas sûr de la pertinence de l'afficher sur l'écran, car quand on l'a, on l'a... quant aux perles, elles n'interviennent pas dès le début non plus. Enfin, les paramètres de difficulté, a priori on sait lesquels on a choisi, peut-être pas besoin de les avoir continuellement à l'écran là encore. Un affichage dans un menu aurait suffi.

Histoire (Note : 3,75/5)

On se retrouve donc avec une histoire, a priori classique, de maison hantée, sur laquelle plane une étrange malédiction, que va tenter de résoudre Naomi. On notera d'ailleurs que par rapport à la première version, celle-ci passe de jeune fille un peu perdue, qui tente de trouver refuge dans la Frost House et qui le regrettera juste après... à une journaliste intrépide, sans peur (et quelque peu inconsciente), qui n'hésite pas à braver le danger pour faire un scoop, sur un sujet qui fait peur a priori mais que l'on trouverait tellement banal aujourd'hui. Mouais.
Mais passé le pitch de départ, ce qui est finalement particulièrement intéressant, c'est la découverte de l'histoire du manoir et de son propriétaire façon jeu de piste, avec son journal dont les pages ont été disséminées un peu partout. Je citerais presque Stephen King lorsqu'il parlait de Hunger Games : "Impossible de lâcher ce livre ; c'est comme si votre vie en dépendait". Je n'irais peut-être pas jusque-là, mais en tout cas, on nous pousse à vouloir connaître le fin mot de l'histoire. Et même si on ne s'attend pas à un final en apothéose, l'histoire reste très honorable en fin de compte.

Ambiance & Immersion (Note : 4,25/5)

Si l'histoire est prenante, l'ambiance du jeu est à souligner : on a ainsi le contraste d'un extérieur enneigé et froid, avec celui d'un manoir a priori chaud et accueillant... mais plein de mystère ; et, au final, il s'agit d'un doux piège. L'intérieur se montre finalement assez sombre et quelque peu inquiétant ; d'ailleurs, si les ressources graphiques sont somme toutes assez ordinaires, ce sont surtout les jeux d'ombre et de lumière qui donnent leur charme aux différents lieux à explorer. Par ailleurs, la bande son contribue au sentiment d'inquiétude qui est recherché.

Graphismes (Note : 4/5)

Les décors ont beau être plutôt communs, on n'a pourtant pas vraiment une impression de déjà-vu ; le montage, et surtout la luminosité, donnent plutôt une impression d'ambiance customisée. Comme quoi, avec des ressources trouvables par-ci par-là (je parierais qu'on peut trouver la quasi-totalité des décors sur Oniromancie, rubrique "Chipsets de RM2000/2003"), on peut faire quelque chose qui a sa propre personnalité, en jouant sur les tons.
Par ailleurs, les ressources graphiques sont cohérentes entre elles et agréables à regarder. Bref, pas besoin de graphismes qui en jettent pour faire harmonieux.

Sonore (Note : 3,75/5)

Les musiques du jeu ne sont pas vraiment identifiables, et la bande-son est quelque peu aléatoire, mais plutôt dans la mesure où, la plupart du temps, on n'a pas forcément un lieu = une musique ; mais plutôt des musiques qui peuvent se jouer un peu n'importe où. Mais elle est composée de morceaux bien adaptés pour ce genre de jeu, et se laisse entendre.
Du côté des effets sonores, mention spéciale au rire de la boule qui permet de restaurer les PV.


Awards spécifiques

Graphismes originaux (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Bande-son originale (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Systèmes originaux (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Level-design (Note : 3,5/5)

Un level design plutôt intéressant : à la fois avec un certain sentiment de "liberté" au départ, sans pour autant nous laisser tout voir d'un coup, et un côté "progressif" dans l'exploration pour ne pas qu'on se sente perdu dès le départ. Les possibilités du concept sont utilisées plutôt à bon escient, avec des mécanismes simples mais efficaces. Le mapping est également bon.
Par ailleurs, l'architecture du manoir est également cohérente.

Mise en scène (Note : 3,25/5)

La découverte progressive de l'histoire par le biais du journal est intéressante, et plutôt bien retranscrite.

Univers (Note : 4,25/5)

Un univers de jeu si restreint, et pourtant si riche à la fois. On pouvait craindre que le fait d'être cantonné au manoir (et, dans une certaine mesure, à ses alentours) allait rendre le jeu quelque peu répétitif, à force de visiter des pièces qu'on imagine ressemblantes au premier abord, mais finalement, le contenu que renferme le manoir est très varié, tout en restant dans le thème général du vieux manoir abandonné : en fait, il y a un peu de tout ce qu'on pourrait imaginer dans un manoir. Des chambres (pas trop non plus, et heureusement, car ça serait assez ressemblant sinon...), des placards, une cuisine, une salle à manger, une salle de musique, une salle de jeux, un grenier, les caves (avec leurs salles techniques) et même des sanitaires (moderne le manoir ). S'il n'était pas hanté, j'en voudrais bien un comme ça tiens. Malgré toutes ces pièces, l'ambiance générale reste la même, mais n'empêche pas aux différents lieux d'avoir leur personnalité propre. Un défi bien relevé donc, de rester dans une même ambiance tout du long sans avoir une impression de déjà-vu à la longue.

Personnages (Note : 3/5)

Je vais peut-être me faire taper dessus en disant ça, mais Naomi semble être une fausse tête brûlée... le thème du jeu, dans l'ensemble, c'est plutôt la "peur", l'"angoisse", le "frisson" (bon, pas de quoi aller se cacher sous le lit illico, bien sûr), et donc un univers de jeu qui ne se veut pas accueillant. Et là, on tombe sur une journaliste qui prétend n'avoir peur de rien et qui fonce plutôt inconsciemment dans le manoir pour en percer le secret, pour la course au scoop. Bon, pourquoi pas, mais ça "casse" un peu la thématique à mon goût. Je préférais sur ce point la fille qui entrait dans la maison "par hasard" et qui était prise au piège sans en être consciente : ça donnait également l'impression, au joueur, d'être pris au piège, et de découvrir les secrets du manoir avec plus d'étonnement.
Je parle surtout de Naomi, car ça reste finalement le personnage qu'on retiendra le plus... vu que dans le jeu, on croisera surtout des fantômes (qui ne sont là que pour jouer les ennemis de base) et des esprits (qui ont, certes, leur rôle dans l'histoire, mais qui n'ont pas grand-chose de spécial non plus).
Mais il reste tout de même un personnage auquel on ne pense pas tout de suite ; en effet, le propriétaire du manoir n'est pas à oublier dans l'histoire. On ne le rencontre a priori pourtant pas, mais il nous évoque finalement une certaine sympathie lorsqu'on progresse dans le jeu, à travers son récit.

Introduction (Note : 3,25/5)

Je risque de me répéter un peu sur ce que j'ai dit dans "Personnages", mais scénaristiquement parlant, je n'ai pas trouvé le démarrage particulièrement palpitant car ça fait un peu "basique". En fait, je ne dirais pas que ce jeu est un diesel (car ça prend quand même relativement vite) mais la quintessence scénaristique ne prend son envol qu'en cours de partie, allant crescendo jusqu'à la scène finale.
Cela étant, en termes de gameplay, c'est autre chose. Là, on prend les commandes de Naomi d'emblée, et on saisit assez vite les mécaniques du jeu.

Durée de vie (Note : 3,75/5)

En soi, le jeu n'est pas spécialement long (j'ai passé 2h en première partie personnellement), mais avec le côté exploration, au premier abord, on peut déjà passer un assez long moment dans le manoir, selon le fait qu'on sache ce qu'il faut faire ou non. Bon, après, pour découvrir l'histoire, ça reste quand même relativement rapide dans l'ensemble mais honorable pour un jeu amateur (pour moi, 2 heures, c'est une moyenne).
Après, bien sûr, à moins de laisser le jeu de côté pendant un long moment, on sait ce qu'on doit faire, et on n'a pas de surprises quant à un déroulement différent de l'histoire (c'est le lot de la grande majorité des jeux vidéo, après tout...). Mais même malgré ça, le jeu a un sacré potentiel de rejouabilité, dû au fait qu'il soit extrêmement paramétrable :
  • le nombre de points de vie (de 1 à 10)
  • la possibilité de se soigner ou non
  • la possibilité de sauvegarder ou non
  • le nombre de spectres que l'on peut croiser dans le manoir
  • la difficulté des mini-jeux
  • la luminosité
  • [*][/*]
Par conséquent, même si on peut regretter qu'il n'y ait pas de changement sur l'histoire ou la stratégie, cela est compensé par le niveau de difficulté que l'on choisit ; et on est loin d'un simple choix entre "facile-moyen-difficile". Du coup, même si on ne jouera pas jusqu'à plus soif, il y a de quoi faire au moins 3 ou 4 parties pour tester un peu toutes les options.

Originalité (Note : 3,5/5)

J'aurais personnellement du mal à attribuer une étiquette à ce jeu en termes de gameplay. Pas un RPG, pas un maze-game pur, mais un jeu d'exploration entrecoupé de quelques mini-jeux et de phases d'adresse. Par ailleurs, le paramétrage de la difficulté très poussé est aussi assez peu courant.
Bon, en revanche, le thème de la maison hantée, ça c'est assez connu.

Humour (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)




Conclusion (Note totale : 4/5)

Si l'on comparait le making au cinéma, Frost House ne correspondrait pas à un blockbuster, mais plutôt à un succès "surprise" que l'on n'attendait pas. Pas d'effets qui claquent, pas de prétention affichée, mais une ambiance et un principe très prenants qui font qu'on ne regrette pas d'y avoir joué. Même s'il ne convaincra peut-être pas forcément tout le monde, on ne pourra pas lui nier avoir un certain charme.


Remarques diverses

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