Test :
MAZING

Temps joué : 2 h 30 min


Introduction


Attention. Véritable petite bombe. Ne vous laissez pas berner par l'absurdité apparente mise en avant par Mazing.


Sous ce visage volontairement tordu avec lequel le jeu semble nous faire un grand sourire provocateur se cache en vérité un travail de marque, une humble maturité et un cocktail explosif de créativité.
On incarne ici un héros malgré lui à la poursuite d'un voleur complètement abstrait... qui servira de moteur à l'aventure que nous propose le très original Mazing.

Avant-goût de cette poursuite au sein d'une myriade de mondes sortis tout droits de l'imagination d'un authentique penseur.


Awards généraux

Gameplay (Note : 3,25/5)

Mazing propose un gameplay fondamentalement basé sur l'exploration, la résolution de puzzles et la traversée de labyrinthes. Des labyrinthes, oui oui, exactement comme dans Picsou Magazine, mais en mieux.
Un pari risqué, donc. Et gagné haut la main.

Si rien n'est bien compliqué dans les grandes lignes, le classique flèches directionnelles/espace étant de mise, le tout a été mis au service d'une véritable réflexion.
Dans la mesure où chaque univers métamorphose le protagoniste (On va d'un être cubique à une tortue en passant par une souris de laboratoire), les possibilités deviennent immenses et chaque monde change du tout au tout dans les mécaniques de jeu. Ainsi, a chaque nouveau monde atteint, le challenge est renouvelé tout en modifiant les éléments de l'équation. On va de A à C, mais B change constamment.
C'est exactement les bases de l'amusement, et on a l'impression que l'auteur l'a cerné sans aucun problème là où d'autres ont passé des années à le faire.

Le but ultime est de récolter une centaine de petits cristaux. Ce sera le prétexte utilisé par le jeu pour nous trainer à droite et à gauche. C'est intéressant, car on découvre que ce genre de mécaniques d'objectif habituellement secondaire (Paquets dans GTA, Coeurs dans Zelda et j'en passe.) fonctionne parfaitement une fois placé en objectif primaire.

Le gameplay est donc à la fois simple d'accès et original car il est extrapolé en une pléiade de mécaniques variables et maîtrisées. La prise en main ne pose aucun problème, la découverte est rigolote, et l'exploration en devient un plaisir.


Histoire (Note : 3,25/5)

Si vous n'aimez pas l'absurde, vous êtes un imbéc... ce jeu va vous convaincre. C'est plutôt l'antagoniste, au final, un voleur et son sac magique qui vole absolument tout ce qu'il peut (arbres compris), qui est le moteur de cette histoire aux allures loufoques de contes pour enfants.

Les bases de la structure dramatique sont posées très rapidement lorsque le camarade du joueur se fait emporter à son tour et qu'on rencontre un savant fou à qui le voleur a aussi posé problème. Ce savant se pose comme la plaque tournante de l'intrigue puisqu'il a fabriqué la machine à voyager entre les monde et sera votre guide dans la résolution des problèmes.

L'histoire est maîtrisée, minimaliste et convaincante, nous prenant discrètement par la main pour explorer ce que son auteur tient véritablement à nous faire découvrir : un univers magique !


Ambiance et immersion (Note : 4/5)

L'introduction de génie nous met tout de suite dans le bain, et on ressent vite"Je vous préviens, il va falloir s'accrocher parce que cette aventure va envoyer du pâté.". Et ce ressenti n'aura pas menti, bon sang.



Dés un stade très précoce, je me suis senti absorbé par cette expérience ultra originale et tordue. C'est en effet une promenade de santé mentale au nom de laquelle bien des efforts ont étés déployés.
L'univers graphique de l'auteur, en plus d'être varié, est très bien pensé et garde tout au long de la démo une patte bien particulière. L'audiovisuel en général a d'ailleurs été mis au service de cette plongée immersive, en ligne droite dans les méandres de l'abstrait.

Le laboratoire d'Hélène la biologiste est un excellent exemple des moyens que l'auteur a mis en oeuvre pour nous faire rentrer dans le jeu. L'angle de vue change du tout au tout et on dirige le pathétique poisson sautillant d'un bout à l'autre de la pièce. Les efforts déployés ici changent beaucoup la donne, et c'est vrai pour la plupart des cut-scene (assez nombreuses, d'ailleurs.).

Bref, tout est très cohérent malgré l'opulente diversité mise en œuvre ici. Le concept du changement de mondes était un risque à prendre, mais ça en valait vraiment la peine.



Graphismes (Note : 4,75/5)

Pour cette catégorie, se référer à "Graphismes Originaux."


Bande-son (Note : 4/5)

Le travail sonore effectué autour de Mazing est d'une grande qualité, à la hauteur de cet univers déjanté, tout à fait cohérent dans son ensemble.

Premièrement, la musique. Généralement axée autour de rythmiques fignolées et de beats minimalistes, le tout bascule entre des sonorités electro-chimiques et des sons un peu plus organiques, comme si un gang de cyborgs à la retraite s'était recyclé en un crew de beatbox. Cependant, à chaque ambiance son illustration, et lorsque notre troll de Voleur frappe à nouveau on entend une mélodie cocasse et cacophonique.
C'est donc sans aucun problème que les musiques, qui restent dans la discrétion, viennent accompagner le parcours du joueur.

Le sound-design n'est pas délaissé, cependant, et il se mélange bien avec la musique dans les sonorités. Les détails sont au rendez vous (la tortue qui glisse sur la glace est accompagnée d'un charmant petit loop cartoonesque) et le tout est d'une grande cohérence. Les interactions sont bien illustrées et renforcent en général l'immersion du joueur.

Enfin, les cut-scenes n'ont pas été délaissées, les sons loufoques et cartoon sont toujours là pour renforcer le bizzare.


Awards spécifiques

Level-design (Note : 4/5)

Mazing s'auto-proclamant jeu de labyrinthe, l'auteur s'est offert un permis de perdre le joueur sans limite,
là où un jeu "normal" se serait interdit de le faire à tout bout de champ. Cependant, le challenge de
création de parcours du joueur ne s'est pas arrêté là, et de bonnes idées ont été mises en place pour le rendre
intéressant.

Premièrement, à chaque monde ses mécaniques. Cette règle prodigue au parcours un rafraîchissement périodique
d'expérience et renouvelle plutôt bien l'aventure. Ceci est un immense avantage dont le designer a su profiter
sans problème.
Deuxièmement, le thème du labyrinthe justifie une bonne partie des quelques redondances parfois subies. D'ailleurs,
des moyens ont été mis en place pour faciliter la progression du joueur, je pense par exemple au niveau où on
incarne la souris : le labyrinthe se divise en deux étages mais on aperçoit en fond la discrète structure de l'étage
où on ne se trouve pas, ce qui permet d'anticiper la progression, améliorant tout simplement l'expérience de jeu.
Troisièmement, le level design est simplement de bonne qualité, et malgré quelques accrochages tels que le véritable
Méli mélo que nous impose le niveau sous-marin, je me suis personnellement pris au jeu.


Celui-là va vous en faire baver.

Esthétiquement, le thème du changement de monde est traité sans problème, chacun reposant sur un environnement différent. Mais ce n'est pas seulement l'environnement qui change, puisque le style également prend à chaque fois une tournure différente, allant du réaliste au cartoon, de contours en aplats de couleurs. Relativement visible dans l'ensemble, le visage de chaque niveau n'est pas seulement visible, il appelle aussi les yeux et ne lésine ni sur les background ni sur les détails.

Bref, Mazing repose en grande partie sur le Level-Design, son gameplay étant minimaliste, et le pari est réussi puisqu'on ne s'ennuie presque jamais : dans les moments où être bloqué me gonflait, j'ai simplement laissé mes yeux se promener dans cet univers de cinglé.

Systèmes (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Mise en scène (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Univers (Note : 4,75/5)

L'univers de Mazing se révèle être le fruit d'un esprit de génie dés le début de l'aventure.
Le concept de changement de monde s'avère rapidement être la plaque tournante d'une imagination débordante
et justifie toutes les excentricités possibles. Mazing, grâce aux diverses mécaniques d'immersion mises en places,
nous fait découvrir un univers à la fois surprenant, original, et tordu à souhait.


Ce clair/obscur marche quand même vachement bien.


Les personnages sont originaux, variés, puisque même le héros en est plusieurs à la fois. Les mondes explorés
forment un équilibre satisfaisant et le voleur tout comme le scientifique servent d'armature à ce gigantesque foutoir.

Si le background de chaque monde n'est en fait pas véritablement creusé dans l'intrigue, les éléments principaux sont tellement décousus et inattendus que l'univers de Mazing explose littéralement à la figure du joueur. Il est en fait plusieurs univers à la fois. Les cut-scenes révèlent ça et là une pléiade de détails que le gameplay ne montre pas.
Ce changement prodigue au jeu un sentiment de chaos constant qui pourrait en gêner plus d'un mais qui m'a personnellement ravi, composé d'éléments à la fois originaux, hilarants, et tout à fait matures, ayant ce petit quelque chose des livres d'enfants écrits par des adultes brillants.

Sons et lumières au service de cet arc en ciel d'imagination,l'univers de mazing est certainement ce qui passionnait véritablement l'auteur et son impressionnante matière grise dans le processus de création. Je crois que ça mérite quelque chose.

Personnages (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)



Introduction (Note : 4/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)

J'aimerais savoir pourquoi l'auteur de Mazing a décidé de ne pas concourir dans cette catégorie, alors que l'introduction est un des points forts de la production.

On croirait une petite animation flash, ça exploite très bien les possibilités techniques de RPG Maker et c'est bien réalisé. On est tout de suite plongé dans l'univers déjanté et enfantin de Mazing, frappé par des surprises et des détails rigolos faisant fleurir des sourires.

L'introduction de ce jeu n'a vraiment pas à rougir et dépasse qualitativement bien des concurrents. Ce n'est que mon avis, mais ça mérite quelque chose.

Graphismes originaux (Note : 4/5)

Le visage de mazing est coloré, fignolé, dégageant une impression artisanale et rigolote comme tout. Là aussi, le thème du voyage entre les mondes est abordé avec succès dans la mesure où l'identité graphique de chacun d'entre eux est déclinée en variantes tout en gardant une certaine cohérence stylistique.
Dans le premier monde, tout est cubique et orné de vilains contours tandis que tout s'arrondit brutalement dans le monde sous-marin, laissant place à des couleurs plus douces.





Si l'animation pêche un peu en jeu, parfois délaissée à mon goût, tout s'emmêle, se mélange et s'épouse avec facilité dans ce trip au LSD déguisé en jeu. Je note qu'il m'est arrivé d'être un peu perdu en particulier dans le monde sous-marin dans la mesure où il est très animé la où le sprite du joueur est plutôt figé.

Belle démonstration de créativité durant les cut-scenes où tout devient plus abstrait, plus loufoque et surtout
plus original. L'interface, dans les rares moments où elle intervient, est également bien designée.

Tremble, vilain RTP, car mazing n'a rien à envier aux plus belles choses faites avec RPG Maker chaque année, avec son style à la fois original, enfantin et mature.

Musiques originales (Note : 0/5)

(Ce jeu ne participe pas à cette catégorie compétitive)




Conclusion (Note totale : 4,5/5)

M'attendant plus ou moins à un troll game en posant mes yeux sur la fiche du jeu, j'ai vite compris qu'il n'en était rien ou presque puisque c'est en fait l'antagoniste qui va effectivement passer sa vie à troller un univers entier. Rien que ça.

Pour conclure, je dirais que Mazing est une douce création qui s'élève sans aucun problème bien au dessus de la moyenne grâce à son originalité exceptionnelle, aux soins apportés ça et là dans la production, mais surtout grâce à l'imagination débordante de son auteur qui, je crois, en cherchant plus encore d'originalité, en osant plus et en libérant toute sa créativité, pourrait bien avoir quelque chose à apporter au jeu vidéo indépendant au sens large du terme.

Prenons de Mazing de la graine !


Remarques diverses

Pour ceux qui comme moi ont apprécié l'univers déjanté de Mazing, allez jeter un oeil sur le site de Fleurman et ses potes qui font pas mal de trucs dans le même univers.
http://gweebitprod.tumblr.com/mazing

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