Test :
Midoritale : The Seduction Route
Par Le Kno

Temps joué : 30 h


Introduction

Midoritale : The Seduction Route est un plateformer/danmaku développé par ValLoche23 et Xianyou sur Game Maker, qui s’est fait remarqué très tôt lors des tests pour son niveau de difficulté très élévée, trop selon certains.


Awards généraux et spécifiques

Meilleur Univers (Note : 2,25/5)

Avec un fan-game de fan-game destiné à un youtubeur, on pouvait s’attendre à une private joke hérétique qui laisserait sur la touche la plupart de gens. Midoritale s’en sort en fin de compte assez bien, parce qu’il s’appuie sur des éléments très répandus de la pop-culture japonaise. Le fait qu’il n’y ait pas de véritable histoire et que tout l’univers du jeu soit basé sur de l’humour absurde implique qu’il n'y a de toute façon rien de particulier à comprendre. Nul besoin d’avoir joué à Yanderetale (et encore moins à Undertale dont il emprunte surtout le gameplay) pour apprécier le jeu, et le clin d’oeil à FriteNinja (le youtubeur sus-mentionné) donnera peut-être un plaisir supplémentaire à ceux qui le connaissent mais ne pénalisera pas les autres.
Puisque l’univers du jeu se base sur des références très communes, il ne propose rien de bien neuf, mais ne cherche manifestement pas à le faire. Il remplit amplement son office en arrachant quelques souffles nasaux au joueur, lui permettant d’évacuer un peu la pression engendrée par le gameplay.

Meilleure Narration (Note : n/a)

Vous tentez de séduire Midori. Ça part un peu en sucette...

Meilleur Gameplay (Note : 3,5/5)

Midoritale reprend les mécaniques des phases de plateformer/adresses des combats de Undertale, ainsi que du danmaku dans la deuxième moitié du jeu, sous la forme d'un unique boss auquel on doit survivre pendant 30 minutes et d'une seule traite (pas de checkpoint, on a juste droit à quelques séquences de dialogue pour souffler un peu et on récupère quelques PV vers la moitié du jeu).
Cela n'a pas manqué de susciter les débats vis-à-vis de sa difficulté et notamment s'il méritait d'être disqualifié à cause d'elle. Alors évidemment Midoritale est dur, c'est un peu le principe. Mais il est loin d'être déraisonnablement dur ou injuste. Pas besoin d'acquérir l'Ultra-Instinct ou d'avoir terminé tous les Touhou les yeux bandé pour s'en sortir, une bonne dose de persévérance suffit - et c'est un ancien sac qui parle...
Pour commencer le système de dégâts hérité d'Undertale est assez permissif. Au lieu de n'avoir, comme dans la plupart des plateformers, qu'une poignée de points de vie et d'en perdre systématiquement un au moindre contact avec un obstacle, que ce soit de plein fouet ou d'un bout de pixel, on a ici droit à une jauge de 99 PV et les dégâts dépendent de la durée et de la surface de contact. D'une part ça permet au joueur de constater ses progrès. C'est assez gratifiant de voir qu'on perd de moins en moins de PV sur un passage qui nous donne du fil à retordre. D'autre part, ça laisse une marge d'erreur qui permet de progresser plus régulièrement et de pouvoir découvrir de nouveaux patterns sans avoir à maîtrisé les premiers à la perfection.
Ensuite ces patterns, s'ils peuvent paraître impressionnants au premier abord, ne demandent pas de "skills mécaniques" hors du commun, mais simplement de trouver la bonne méthode (en jouant à la manette du moins, au clavier c'est un peu plus sportif, notamment à cause du choix peu judicieux de placer le saut sur la flèche du haut, obligeant le joueur à tout gérer d'une seule main). Il suffit donc de tester différentes techniques jusqu'à en trouver une qui fonctionne. L'approche la plus simple est d'ailleurs bien souvent la meilleure et vos pires ennemies sont la panique et la précipitation. En avançant dans le jeu on rencontre évidemment des patterns de plus en plus complexes et de plus en plus rapides, mais il s'agit de variantes des premiers patterns, on possède donc déjà des clés pour les aborder. La courbe de difficulté est de fait très réussi. Alors oui, elle est globalement très élevée, et chaque seconde de progression doit se conquérir à le sueur de son front, mais c'est d'autant plus gratifiant lorsqu'on parvient enfin à découvrir un nouveau pattern ou en passer un ancien sans se faire toucher.
Le jeu possède toutefois quelques point noirs sur le plan technique. On peut citer notamment une gestion de collision avec les plateformes un peu hasardeuses, des sauts qui se déclenchent tous seuls après avoir fermé une boîte de dialogue (ce qui peut être très handicapant sur certains patterns) ou encore un léger délai dans le déclenchement du signal sonore lorsqu'on prend des dégâts (ce qui peut donner l'impression de s'être fait toucher deux fois et se déconcentrer en essayant de comprendre ce qui nous a touché la deuxième fois).
On peut aussi regretter que les créateurs se soient contentés d'une simple succession de patterns et n'aient pas cherché à ré-employer d'autres éléments de gameplay d'Undertale (par exemple le système de dialogue, qui n'est présent que pour la forme et n'a aucune influence sur le jeu, aurait pu amener à différentes routes avec différents patterns, permettant au joueur de choisir celles qu'il préfère).

Meilleurs Graphismes (Note : 2,75/5)

Midoritale reprend l'esthétique des combats d'Undertale, sobre et cartoonesque, en blanc sur fond noir avec quelques couleurs flashy, qui colle très bien à l'esprit décalé du jeu et rend le jeu très lisible, permettant au joueur de se concentrer sur le gameplay.
Le jeu propose aussi une séquence d’introduction illustrée et quelques artworks, dans un style manga malheureusement assez quelconque, qui collent assez bien à l’esprit du jeu mais ne marquent pas vraiment les esprits.

Meilleure Ambiance Sonore (Note : 4/5)

Les musiques sont, assez naturellement, issues d'Undertale, avec la qualité qu’on leur connaît. Quoique peu nombreuses, elle sont bien choisies et collent bien aux différentes phases du jeu et à la progression de la difficulté.
Il en va de même pour les effets sonores, peu nombreux aussi, essentiellement fonctionnels, mais qui remplissent très bien leur rôle.

Meilleures Ressources Originales (Note : n/a)




Conclusion (Note totale : 4,25/5)

Alors clairement, Midoritale ne plaira pas à tout le monde. Mais il reste parfaitement accessible, même pour un néophyte sans expérience préalable d'Undertale ou des danmakus (c'est mon cas). Il ne s'agit absolument pas d'un "Unfair Game" qui cherche systématiquement le joueur d'une divagation élitiste d'hardcore gamer en mal de sensations fortes. C'est juste un petit jeu pour se mettre au défi, sans autre récompense que la satisfaction d'avoir réussi.
Il faut, bien entendu, rendre à César ce qui est à César : les bases du jeu ont été reprises telles quelles d'Undertale et le crédit en revient donc à Toby Fox. On peut d’ailleurs regretter que ValLoche23 ne se soit pas plus écarté de ce modèle pour proposer de nouvelles choses.
Mais si on s’en tient aux intentions de départ, à savoir proposer un marathon plateformer/danmakou épicé pour les amateurs d’ampoules aux doigts, alors le contrat est largement rempli.


Remarques diverses

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